Université Populaire du Pays d'Aix

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Réflexion sur la conférence du 27 Mars 2017

Les partis politiques apportent-ils des réponses aux grandes questions que se posent les citoyens ?

 

                (Université Populaire du Pays d’Aix-en-Provence / Christian Maurel / 27-3-2017)

 

 

 

 

Cette question a suscité de nombres prises de paroles, des interrogations importantes et des échanges animés et particulièrement fructueux, si bien qu’il m’est apparu nécessaire de « produire » une contribution écrite permettant aux participants d’y voir un peu plus clair. Il est à remarquer que la dynamique de co-construction  des points de vue et des savoirs porte ses fruits et prend progressivement le pas sur la méthode plus habituelle des conférences-débats, surtout, comme nous essayons de le faire, si nous nous attachons à aborder des questions qui font sens aujourd’hui et interrogent notre actualité. Ce qui est le cas avec la question des partis politiques, en cette période de campagne électorale.

 

Comme c’est généralement le cas, la question posée se décompose en d’autres questions auxquelles il est nécessaire de répondre. C’est ce que les auditeurs et moi-même avons essayé de faire. Pour redonner plus de cohérence à ces deux heures d’échange, procédons par ordre.

 

Quelles sont les grandes questions que se sont posé les hommes dans leur histoire et dont certaines sont  encore d’une grande actualité ?

 

Les premières sont d’ordre socioéconomique : la survie de chacun et de l’espèce, la résistance à la mort, la nourriture, la santé, la protection contre toutes les agressions, avoir un toit et se vêtir, la protection de l’environnement naturel, en un mot, assurer sa sécurité… Ces questions sont loin d’être réglées dans de grandes parties du monde (pensons aux famines), également en Europe et dans notre pays où certaines situations de pauvreté et d’exclusion rendent difficile l’accès au minimum vital. Dans ce secteur, comme dans d’autres, l’Histoire n’oublie rien.

 

Les questions suivantes sont d’ordre sociopolitique : comment « vivre ensemble » ? Comment « faire société » ? A remarquer que ces deux expressions sont, aujourd’hui dans presque toutes les bouches et que le Contrat social  de Rousseau a encore tout son sens. Se posent alors les questions des règles communes, du primat du droit sur la violence, de l’apport de chacun à un intérêt général toujours en construction. Il y a deux manières de répondre à ces questions : hiérarchique, autoritaire voire totalitaire (les empires, les monarchies absolues, les fascismes, le stalinisme…) ; communautaires et démocratiques (les sociétés « archaïques », la démocratie athénienne, même si elle ne concerne qu’une minorité, la République démocratique et sociale…). Dans ces deux manières, l’histoire moderne et contemporaine indique que les partis y occupent une place très importante.

 

Il y a enfin les questions d’ordre socioculturel, celles d’un imaginaire social et d’une culture partagés, questions qui trouvent des réponses par différentes voies : l’Ecole, les religions, l’éducation populaire mutuelle, les langues, les grandes œuvres scientifiques et artistiques… et, dans certains cas, (nazisme, stalinisme…) des idéologies imposées par la contrainte et la propagande. Là aussi, les partis politiques ne sont pas avares de questionnements et de réponses.

 

Quelles sont les grandes questions d’aujourd’hui ?  Elles relèvent également de plusieurs registres :

 

- un système économique et social mondialisé, fortement inégalitaire et en bouleversement permanent. Edgar Morin parle d’«un monde contradictoire, complexe et incertain».

 

- une économie de marché  sans réel contrôle, « désencastrée de la société » (Karl Polanyi) imposant en retour ses principes à ce qui devient une « société de marché » dans ses différents domaines : santé, éducation, information, culture, action sociale, loisirs…

 

- une raréfaction du travail  pour les moins bien formés avec toutes les conséquences qui peuvent en découler : exclusion, pauvreté, mal logement, problèmes de santé. Dans cet accès au travail rémunérateur, le développement fulgurant des savoirs scientifiques et des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication est un atout pour certains, les mieux formés et adaptés aux besoins du marché et des services publics, et un handicap lourd pour les autres.

 

- une situation de crise  au sens que lui donnait Gramsci dans ses Cahiers de prison : cette période où « le vieux monde se meurt [alors que] le nouveau peine à naître [et que] dans ce clair obscur surgissent des monstres (autre traduction très explicite : « interrègne où l’on observe les phénomènes morbides les plus variés »).

 

Une question se pose alors, à laquelle les partis politiques tentent d’apporter, chacun à leur manière, des réponses : que sont « les phénomènes morbides » et « les monstres d’aujourd’hui » ? Le terrorisme ? La montée des populismes  et des fondamentalismes? Les addictions ? Les guerres ? Le rejet des migrants et réfugiés économiques, politiques et climatiques ? L’exclusion ? La mal nutrition ?  Les oppressions de toutes sortes ? L’individualisme de masse ?...  La liste serait bien plus longue et je m’en excuse auprès des auditeurs de l’Université Populaire qui ont été particulièrement prolixes sur ce sujet.

 

Les partis politiques se sont-ils créés pour répondre à de telles questions ? Si c’est le cas, y répondent-ils à l’heure actuelle, directement ou par l’intermédiaire de leurs candidats aux plus hautes charges de l’Etat ? 

 

Un peu d’histoire ne sera pas inutile.

 

 En France, les partis à proprement parler s’organisent et trouvent une forme pérenne au tournant du 20ème siècle, au moment où les citoyens accèdent à la liberté de s’associer (loi 1901). Le Parti Républicain radical et radical Socialiste se crée précisément en 1901. Il comptera des hommes politiques qui marqueront la République Française du 20ème siècle : Combes, Daladier, Herriot, Zay, Mendès-France… De son coté, la Fédération des  Socialistes de France composée de multiples tendances (possibilistes, allemanistes, socialistes indépendants, guesdistes du Parti Ouvrier Français, blanquistes du Parti Socialiste Révolutionnaire) accouchera en 1905, sous l’impulsion de Jean Jaurès,  de la Section Française de l’Internationale Ouvrière (SFIO) qui rassemblera deux principaux courants : l’un plutôt réformiste (Jean Jaurès, Paul Brousse), l’autre révolutionnaire (Jules Guesde et Edouard Vaillant). On peut se demander si la scission de la SFIO lors du congrès de Tours en 1920, suite à la Révolution d’Octobre, n’est pas déjà en germe dans l’existence de ces deux courants dont l’un accouchera du Parti Communiste devenu majoritaire et se reconnaissant sous le nom de Section Française de l’Internationale Communiste dans ce que l’on convient d’appeler la troisième internationale ouvrière ou encore le « Komintern » créé sous l’impulsion de Lénine.

 

Quels enseignements tirer de cette émergence ?

 

- les partis politiques s’organisent autour d’une doctrine, d’une intelligence partagée de la société et de sa transformation et d’un imaginaire social (valeurs, significations, symboles, représentations…) appelé à prendre forme  dans de nouvelles institutions économiques (la coopératives, mutuelles, appropriation collective des moyens de production…), sociales, politiques et culturelles, autrement dits, dans de nouveaux projets de société. Leurs méthodes sont le débat, la propagande, l’information (importance de la presse : pensons à L’Humanité, organe du PCF), la « bataille idéologique ».

- Les partis politiques entendent répondre aux attentes et aux questions d’une majorité de la population appelée à jouer un rôle décisif dans l’Histoire, par exemple le prolétariat pour les partis se réclamant du socialisme, du communisme ou de l’anarchisme. Leurs enjeux et leurs stratégies passent par la prise du pouvoir d’Etat et dans les autres secteurs essentiels (entreprises, éducation, services, information, culture…).

 

Se posent alors quelques questions essentielles.

 

 Ne pourrait-on pas aller jusqu’à affirmer  que l’émergence des partis relève pour l’essentiel de la révolution industrielle, du développement du libéralisme économique et politique, de la domination de plus en plus prégnante d’une classe, la bourgeoisie, sur la quasi-totalité des domaines de l’activité humaine ?  Les partis politiques  qui, comme nous le verrons, n’ont pas toujours existé, ne relèvent-ils pas  de ce passage  d’une société de « castes » (les trois ordres de l’ancien régime) à une société de classes dont le moment de basculement serait la Révolution Française, même si cette dernière ne leur donnera pas encore une place réelle au nom de l’universalité d’un droit s’appliquant à tous (voir la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen) et de l’indivisibilité et de la souveraineté inaliénable du peuple ?

 

Quelques réponses.

 

 Il apparait que dans les sociétés pré libérales (avant 1789, pour la France), il n’y  a pas de place réelle pour les partis au sens strict de ce terme, mais pour d’autres formes  de regroupement (corporations, congrégations, confréries…). Cependant, pendant la Révolution Française apparaissent de nombreux  clubs (les Jacobins, les Cordeliers sont les plus connus) qui influencent réellement et profondément le cours de l’Histoire. Des courants se font clairement jour sous la forme  d’affrontements violents : girondins, montagnards avec leurs propres tendances (Hébertistes, Dantoniens, Robespierristes), sans oublier, sous le Directoire, la « Conjuration des égaux » de Babeuf qui serait peut-être la forme « primitive » la plus aboutie de ce que l’on entend par parti (Marx et Engels parlent de « première apparition d’un parti communiste réellement agissant »).  Pendant la Révolution on « invente » la distinction de la gauche et de la droite. Ce sont autant d’éléments qui structurent la pensée politique des siècles suivants et préfigurent l’émergence partisane.

 

Tout au long du 19ème siècle, les sociétés populaires, clubs et ligues souvent éphémères et condamnés à la clandestinité (la loi « Le Chapelier » qui interdit de s’associer a toujours cours) animent les luttes sociales (voir le livre de Michelle Zancarini-Fournel, Luttes et rêves…) et sont particulièrement actifs et florissants  avant (notamment à partir de la révolte des Canuts en 1831) et au moment de la Commune de Paris, face à ce que l’on commence à appeler en 1848 « le parti de l’ordre » violemment répressif (pensons à la « semaine sanglante » de mai 1871). Avec la création en 1864 de l’Association Internationale des Travailleurs, les bases d’un affrontement partisan de classes sont posées, ce qui avait déjà été « théorisé » en 1848 dans le fameux Manifeste du Parti Communiste de Marx et Engels  visant à donner un contenu idéologique et programmatique à la « Ligue des communistes » qui dans sa forme première se nommait « Ligue des justes ». Mais nous n’en sommes pas encore, du moins en France, à la création de partis légalement autorisés et reconnus, ce qui sera possible avec la loi 1901 permettant la liberté de s’associer. Si bien que, pour le 19ème siècle, il est, à notre sens, plus juste de parler de « courants de pensée », voire de « philosophies sociales » structurant plus ou moins solidement des engagements (Saint Simoniens, Fouriéristes, Proudhoniens, Blanquistes…). Cependant, il est indéniable que le suffrage universel (masculin), déjà en 1848 et surtout avec la 3ème République, favorisera la création de partis et fera d’eux des outils électoraux de la prise et / ou de la conservation du pouvoir politique, même si ce n’est pas la stratégie de tous, notamment ceux qui se réclameront plutôt de la révolution insurrectionnelle théorisée et mise en œuvre un peu plus tard par Lénine avec le parti bolchévik.

 

Un participant à cette soirée consacrée aux partis  nous a, à juste titre, interrogé sur l’émergence des partis dans d’autres espaces de l’échiquier politique : droite, extrême droite, centre, extrême gauche… qui structurent encore aujourd’hui notre vie dite « démocratique ». Sur le « coté droit » - si on peut utiliser cette expression – on peut avancer que c’est du coté de l’extrême droite que les premiers partis se sont d’abord organisés, du moins en France, notamment au moment de l’affaire Dreyfus qui divisa profondément l’opinion, puis dans les années 1930 : Action Française, ligues (Croix de feu du colonel de la Rocque et sa branche militante, les Camelots du Roi, Parti Populaire Français de Jacques Doriot)… Ces partis qui se caractérisent par leur anti républicanisme accèderont au devant de la scène au moment du gouvernement de Vichy. Après une éclipse compréhensible à partir de la Libération, ils réapparaitront sous des formes et dénominations nouvelles pendant la 5ème République : poujadisme, Front National, notamment, mais aussi sous des formes groupusculaires encore plus radicales. A remarquer que, dans la première partie du 20ème siècle, ce sont  des partis de masse d’extrême droite foncièrement antidémocratiques qui ont marqué dramatiquement l’histoire : fascisme mussolinien en Italie, Nazisme hitlérien en Allemagne.

 

Du coté de la droite dite « républicaine », le Rassemblement du Peuple Français créé par le général de Gaulle à la Libération jouera sans aucun doute un rôle important alors que de Gaulle se montra toujours très critique à l’égard de la politique des partis. On connaitra une période du gaullisme triomphant dont les partis dits « républicains » sont encore aujourd’hui les héritiers. Dans le même temps, on assiste, sous la 5ème République, à une sorte d’inflation des partis allant de l’extrême gauche à l’extrême droite en passant par ce que l’on convient d’appeler « le centre ». A titre d’éclairage, au tout début des années 1970, on compte une vingtaine de partis dits « gauchistes » souvent groupusculaires et dont l’existence peut être très éphémère : maoïstes, anarchistes, guévaristes, socialistes révolutionnaires, trotskistes se réclamant plus ou moins explicitement de la 4ème internationale ouvrière…

 

Où en sommes-nous aujourd’hui ?

 

Nous assistons à un affaiblissement et à un émiettement des partis en termes :

 

- de forces et de représentativité à l’égard de la population. Combien de membres, de militants, de sympathisants, d’électeurs ? Un exemple, celui du Parti Communiste Français. Dans les années 1970, il revendique 600 000 adhérents alors qu’aujourd’hui il n’en rassemblerait plus que 60 000 soit 10 fois moins. Aux élections présidentielles de 1969, il dépasse la barre des 20% des électeurs et aujourd’hui moins de 2%. D’une manière générale, on peut se poser cette question à propos des partis politiques : combien de divisions au double sens de militaire (combien de troupes ?) et de  contradictions et tendances qui les traversent ? La campagne présidentielle actuelle en témoigne : les deux grands partis de gauche et de droite sont à la limite de l’éclatement ; un candidat bien placé dans les sondages ne se réclame d’aucun véritable parti ; l’organisation de primaires peut être interprétée comme une carence avérée de partis dont les instances n’ont plus la légitimité de désigner des candidats qui ensuite, forts de cette désignation « populaire », ne se sentent plus attachés, quoiqu’il arrive les concernant, à répondre de leurs engagements et de leurs actes vis-à-vis du parti dont il sont issus.

 

- affaiblissement également en termes d’utilité et reconnaissance pour et par les citoyens. Des trois piliers de la République que sont les partis politiques, les syndicats et les associations, ce sont les partis qui sont les plus discrédités, notamment chez les jeunes, 80% des Français considérant qu’ils « constituent un frein à l’amélioration de la France » (enquête IPSOS/Le Monde).

 

- enfin au regard de leur efficacité et de leur capacité à répondre aux questions réelles et concrètes que se posent les citoyens comme le chômage, la réduction des inégalités, les effets de la mondialisation, l’utilité et l’avenir de l’Union Européenne, la lutte contre l’échec scolaire…

 

Quelles sont les explications à une telle érosion ? L’usure des institutions qui accordent aux partis un rôle et des missions qu’ils ne peuvent plus remplir ? La crise du politique et de notre imaginaire social républicain battu en brèche par, d’un côté, un néolibéralisme sauvage mondialisé qui ne pense qu’en termes de profits, d’évaluation et de résultats quantifiables (voir la conférence de Roland Gori du 29-3-2017)  et, de l’autre coté, par la recrudescence de forces et d’imaginaires xénophobes, discriminatoires, nationalistes et fondamentalistes ?  Deux éléments essentiels et concomitants, car fortement liés entre eux, constituent une ébauche d’explication à cette érosion et à cette impuissance des partis   : la mondialisation des échanges économiques et informationnels qui mettent en porte-à-faux les partis politiques construits sur des logiques nationales ; le « désencastrement » (Karl Polanyi, La grande transformation) de l’économie à l’égard de la société et qui, ainsi, échappe quasi totalement au contrôle des citoyens et des organisations politiques qu’ils ont créées.

 

Où trouver les réponses aux questions que se posent les citoyens et plus largement les populations ?

 

On peut formuler plusieurs hypothèses, des meilleures à celles qui risquent d’être catastrophiques, ce qui ne veut pas dire qu’elles sont les moins plausibles. On peut lister sans prétendre à l’exhaustivité :

- l’homme (plutôt qu’une femme ?!!) providentiel qui dans un dépassement et sur les décombres des partis en décomposition avancée, apporterait, avec autorité et d’une manière plus ou moins démocratique, des réponses nouvelles et dans l’urgence. On pense évidemment au général de Gaulle, notamment en 1958 au moment de la crise algérienne et dans une période d’instabilité gouvernementale liée à la politique de partis à bout de souffle, notamment la SFIO de Guy Mollet. A remarquer qu’actuellement les hommes (ou femmes) politiques font souvent campagne sur la dimension providentielle de leur personne et non au nom des propositions du parti dont ils sont issus, ce qui ouvre un espace au populisme entendu comme relation directe et fusionnelle entre un individu et « son » peuple,  relation renforcée par les institutions de la 5ème République et l’élection de son président au suffrage universel.

- autre solution, sans aucun doute la plus mauvaise et la plus dangereuse, celle d’un populisme démagogique et totalement antidémocratique qui instrumentalise les souffrances et les questions de société sans pour autant pouvoir y répondre sinon en allant chercher des solutions au bénéfice certains - les « vrais » Français - contre ceux qui ne le seraient pas ou le seraient un peu moins.  Cette solution peut nous conduire aux pires errements de l’Histoire.

- une solution qui peut redonner de l’espoir : l’auto organisation des citoyens eux-mêmes sous les formes d’associations, de groupements d’économie coopérative et solidaire, de mouvements sociaux faisant convergence, de collectifs, de ce « million de révolutions tranquilles » (Bénédicte Manier) souvent silencieuses, voire invisibles par lesquelles les « citoyens changent le monde » (Elsa Ferrière et Patrick Viveret).

- la mise en place et la pratique d’une démocratie radicale impliquant réellement les citoyens dans les différents secteurs de l’activité humaine, et ainsi aller bien au-delà de la simple délégation de pouvoir qui consiste à aliéner sa souveraine à une minorité fut-elle désignée par un vote majoritaire. Le travail de réflexion réalisé, il y a quelques années, par des « auditeurs »  de notre Université Populaire va dans ce sens (voir Construire son devenir et faire l’Histoire. Propositions pour une alternative démocratique à la délégation de pouvoir, éditions Edilivre, 2016, 12 euros).                

 

Suite à une présentation de notre système d’enseignement de plus en plus conduit à répondre aux attentes du marché, une participante au débat a fait remarquer, à juste titre, que les jeunes ne se désintéressent pas des questions politiques même s’ils remettent fortement en cause les partis et boudent les urnes. Une piste se dégage qui demande réflexion et que quelqu’un comme John Holloway formule ainsi : « changer le monde sans prendre le pouvoir », ce qui en dit long sur les partis historiquement pensés et organisés pour prendre le pouvoir. 

 

Trois questions en guise de conclusion et dans le but de garder nos intelligences en éveil :

 

- les partis politiques ne seraient-ils pas finalement  une parenthèse historique certes essentielle mais qui est appelée à se refermer ?

- à contrario, s’il est bien vrai que la définition et la construction de l’intérêt général  restent un enjeu de lutte entre des intérêts et des fractions de populations différents, peut-on imaginer que les partis politiques opèrent une mue leur permettant de s’inscrire dans ces enjeux ?

- si on répond par l’affirmative à la première question et par la négative à la seconde, ne faut-il-pas envisager l’organisation d’états généraux de la transformation sociale et politique permettant aux citoyens de s’exprimer, de réfléchir ensemble, de « fertiliser leurs désaccords », de faire des propositions et de délibérer sur ce qu’il est bon de faire et, pour cela, de se donner de nouvelles institutions ?  C’est une définition de la démocratie.  

 



02/04/2017
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